Je fais rien

A la base, une affirmation qui ne m'effleurait pas : je me levais pour me lever. J'allais en cours pour aller en cours. Je mangeais pour manger. Ça m'allait, et c'était problématique. J'étais fatiguée de tout, alors je ne faisais plus rien. Mais je dormais, oh ça !
Et puis j'ai commencé à ne plus vraiment dormir, ne rien faire parce que mon corps refusait de se reposer. J'ai passé des nuits entières à me rouler sur moi-même, pleine d'antimigraineux, à me demander pourquoi je dormais pas alors que dopée comme j'étais, j'aurais pu en crever.
J'étais un peu comme une barrière qui traîne au sol, qu'on dépasse tout de même, comme un éboueur, sans ses vêtements de service, en chaussures du dimanche. Comme une personne, assise, seule au milieu de tous, qui attend, attend. Verre vide jamais rempli, téléphone, message à soi-même et solitude. Je marche, je marche, mais je ne sais pas où aller, je vois les gens passer et j'ai un vélo, mais je reste là.
Je fais rien.