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And if you ever feel so bad, whatever why, that you feel like dying, remember me, lying by your side telling you everything's gonna be ok because it is : everything's gonna be ok. Matteo, ça fait plusieurs années maintenant et toujours tu me manques. Je ne compte plus les fois où je me suis dit que je serais mieux avec toi, où je me suis dit que la meilleure des choses à faire serait de mourir. Mais toujours ton sourire me retient et quel sourire. Celui de l'amour, du seul que j'ai jamais connu, du seul en qui j'ai jamais eu une totale confiance et qui pourtant me cause encore un chagrin abyssal. On ne devrait pas faire souffrir autant ceux qu'on aime. Tellement je t'en veux de ne pas m'avoir parlé, tellement je m'en veux de ne jamais t'avoir demandé de me parler. J'en suis rendue à avoir évolué en toi, j'écoute, je panse mais je ne sais plus parler, j'ai coupé le lien qui pourrait relier quiconque à moi, je n'ai plus confiance. En plus je n'essaie pas vraiment.
Je n'ai plus envie de donner pour perdre aussi gros. Prendre le risque de pleurer et de ne plus vivre est trop gros pour que je m'y attèle.
Je me suis toujours dit que si je perdais quelqu'un je m'en remettrais ; force est de constater que ce n'est pas le cas, même deux ans et demi plus tard.
Je n'ai jamais compris pourquoi tu m'aimais, parce que je n'ai rien qui pousse à l'amour. Je ne suis pas douce, pas intéressante, pas belle, pas soigneuse et j'en passe. Je n'ai rien qui retienne l'attention, alors pourquoi c'est sur moi que tu t'es arrêté ? Je n'arrive pas à te croire quand tu écris que je suis particulière, ça sonne comme un mensonge éhonté pour consoler un gosse. Tu n'as pas à éponger ta mort par des choses que tu ne penses pas. Je sais que tu es là et c'est tout ce dont j'ai besoin. Te savoir me rassures. Peut-être qu'un jour je ferai vraiment ton deuil, que j'arrêterai vraiment de te chercher en chaque parcelle de personnes que je rencontre. Peut-être qu'un jour j'aimerais vraiment quelqu'un pour lui et pas parce qu'il sera ton doublon. Les larmes ne cessent de couler. Solitaire. Solitude. Soledad. C'est moi. J'ai trop changé en mal. J'essaie de faire souffrir les gens qui m'aiment, de les voir se languir de moi, et m'attendre désespérément quand je sais que je ne viendrai pas.
Et CE N'EST PAS MOI, ce n'est pas comme ça que j'étais et je m'en étonne. Comment ai-je pu devenir une telle connasse ?
Quelque part je le sais : plus personne pour la guider et la petite C est perdue. Elle se sent tirée de tous les côtés alors elle se recroqueville comme une peau de chagrin et ne laisse à voir que ce qu'elle n'est pas.
Voilà, tu fais de ma vie un bel enfer et pourtant je ne t'en aime que plus.
On aime ceux qui nous font du mal.
Tortionnaire délicieux, j'implore ta présence, ta droiture, ta morale, parce que je me perds. Je sens que je dérive loin mais personne n'est là pour me rattraper. c'est ça être vraiment seul : c'est se sentir tomber alors que tout le monde vous voit bien debout. Impossible de percevoir quoi que ce soit parce qu'ils sont trop loin. Je suis seule ici et ils m'observent de là-bas?. Je ne sais leur demander d'approcher, ça serait trop demander et ils sont tellement loin... Ma souffrance silencieuse me marque, tu verrais mon corps... Décharné, bouffé, bouffi, c'est fou à quel point il m'insupporte. A quel point le regarder me fait vomir, me donne envie de tout changer, de ne plus être ni moi ni personne. Un esprit ? L'esprit qui a abandonné son corps. Cadavre, vide d'être et de sens. Emmène-moi.