quand l'écriture automatique se met en marche

Pensez-vous monsieur, que l'inspiration vient de la passion, que la haine vient de l'amour, que les choses sont aussi évidentes ? Que le monde tourne rond et qu'en ce sens, nous qui sommes dessus, tournons ronds aussi ? Que les personnes qui se distinguent par leur singularité orthonormée ne sont pas homologues ? Que la vie dépasse la mort ?
Ces questions voyez-vous sont de celles qui taraudent la personne que je suis, et bien que vous ne daigniez ne serait-ce que porter un coup d'oeil sur moi, mes idées, mes idéaux et mes moindres pensées ; je crains que d'ici peu vous ne soyez confrontés à affronter les bribes de la colère divine qui pourrait m'incomber. Qui êtes-vous pour me juger ? Qui suis-je donc pour imposer mon jugement ? A ce rang nous sommes probablement égaux, deux êtres convaincus de leur perfection morale sans ouvertures (n'est-ce pas la une faille irrémédiable ?) à une parole autre que la nôtre. Dialogue de sourds me direz-vous, bras de fer chinois d'hommes sans pouces, je répondrai. Et même lorsque nous serons dos à dos unis dans le désarroi courant de nos pensées, accablés par une foule raisonnable et sensée portée par une pensée qu'elle n'a même pas digérée, pensez-vous monsieur que la haine que vous éprouvez à mon égard aura encore lieu d'être ? Qu'en sera-t-il de la survie ? N'est-ce donc pas le but de toutes les espèces ? Au lieu d'être des animaux de la Plèbe, soyons des animaux de l'Esprit et unissons nos dernières forces intellectuelles pour repousser ce fardeau, flux de mots forts, obsédants et décadents.