"pourquoi ? explique-moi ces forets sombres où tu m'emmènes sans que je me plaigne."
Une blessure légère mais omniprésente lui charcutait le coeur. Quand beaucoup auraient dit qu'il était amoureux ; il aurait rétorqué qu'il n'était que souffrance et que rien en lui n'appelait à l'amour.
"vois-tu, j'm'en fous de toutes ses conventions. J'veux pas être un homme bien, ni un homme normal. J'm'en fous de tout ça, ce jeu n'est pas le mien. je veux juste être une personne entière, être moi même me suffit amplement"
malgré son quota incommensurable de nuits blanches et de dépressions, il continuait à garder son cap de quête personnelle, d'une découverte qui chamboulerait son existence. Il ne rêvait pas d'une personne ou d'un objet, d'un désir ou d'un plaisir. Tout ce qu'il voulait, c'était se connaître. Et au final ne sommes-nous pas plus plein que lorsque nous savons qui nous sommes ?
"-Voilà, rétorqua-t-il, je ne me sers de toi que pour mieux savoir qui je suis. Tu ne représentes rien qu'une limite à dépasser. Je t'ai dépassé. Tu ne m'es plus d'aucun intérêt.
-Et c'est tout ? Oh, Boris, tu sais bien que mon rapport au réel est autant altéré que le tien. Sauf que je l'assume. Où en es-tu avec ton égo ? Je pense que tu vas mal, que tu aimes ça, tu veux t'y enfoncer, te complaindre dans une solitude inexistante puisque tu veux que le monde tourne autour de toi et te comprenne. Le pire doit être que le monde te comprend sans te juger. Ce qu'on attend tous. Mais tu trouves toujours le moyen de t'enfoncer seul. Et Nina respira profondément, avant de reprendre : Moi je t'aime pas, tu sais. Et je dois bien être une des seules personnes à bien le faire."
Voici comment en un instant, un coeur avait été construit puis brisé par des mots. Un instant il se rendait compte qu'il était amoureux, un suivant il voyait qu'il n'était plus rien. Un troisième et Boris aurait tué Nina.