NIAK !

Je n'implore aucun pardon, ma rédemption est peine perdue. Mon salut n'est plus très loin, je ne dirai pas au revoir car je n'ai pas dit bonjour. Jusqu'à la fin je resterai anonyme et sans scrupules je mentirai, dirai que tout va bien pour ne pas montrer que tout va mal. Révéler mes faiblesses et me sentir plus faible encore grâce à de misérables tentatives de consolation qui, aux yeux de ton égo seront démesurées mais qui, pour mon triste sort seront inefficaces.
Alors, arrête. Dis-moi que tu me hais, que tu me détestes, que tu peux plus me voir. Remplace tes mots d'amour par des mots de HAINE. Donne-moi cette peur de te perdre. Rends-moi malade à crever de jalousie et folle de ton absence.. Offre-moi par cette ivre souffrance la preuve que mon amour est justifié, que je ne donne pas TOUT à du vent.
Ce matin, comme tous les matins, je me suis levée. Et comme tous les matins j'ai regardé vers l'avant ; je n'y ai vu que du flou. Mon avenir est flou, incertain et irrégulier. Je le vois avancer à grands pas, il arrive et tente de m'attraper, agrippe. Je me débats et cours vers le passé qui s'éloigne de plus en plus rapidement. Me voilà prise dans un étau. Il n'y a plus rien à voir, j'ai cédé à cette pression. J'ai été prise de cours par le futur en essayant de regarder vers le passé.
J'attends encore l'espoir, le bonheur. Mon tour, il vient quand ? J'ai pris mon ticket et je fais la queue pourtant. Je l'attends. A chaque fois, je crois qu'il est là. Mais en fait, non. Jamais, moi. Jamais moi. J'ai du prendre le ticket de quelqu'un d'autre, celui-ci ne m'est pas destiné. Il faut que j'attende. Encore un peu. En attendant, je peins des tableaux noirs. Je cherche un place où m'asseoir sans gêner. Pardon, excusez-moi, il faut que je parte. J'ai perdu la mémoire. Je ne sais même pas ce que je fous ici, bordel. La grosse dondon de devant me dit que j'attends mon tour depuis 16 ans et qu'elle vient tous les jours. Décidément, j'ai pas de chance. Il va falloir que je m'habitue à perdre. Toujours perdre. Encore perdre. Jamais pour moi. Ta gueule.
Tout ceci n'est qu'une foire géante dont nous sommes de putrides attractions même pas attractives. Il n'y a plus aucune rétrospective possible. Ni analepse, ni prolepse. Le présent est le seul temps actuel et contextuellement parlant, la seule connaissance sure parce que infinie. Si on y pense le passé a été présent et le futur sera présent. Tout n'est qu'une question de TEMPS, de timing. D'amour, de haine, de solitude et des rêves. De vie et de mort comme d'absence.
Je ne sais pas quelle heure il est, mais il fait nuit. Je suis dans une maison qui n'est apparemment pas la mienne, en train de taper un texte qui n'est que le mien. Ma tête est brouillé, mes pensées sont enfumées et ma vue se trouble. Ça doit être la fin.